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Daft Punk & Steve Jansen


Mai 2013


Daft Punk et Steve Jansen


Par François C


Vous n’avez pas pu y échapper : le duo parisien des Daft Punk vient de sortir son nouvel opus «Random Access Memories».

Sortie mondiale le 20 Mai avec quelques fuites savamment orchestrées pour alimenter le buzz.
 
Pour être dans le coup, il faut acheter le vinyle ou la version dématérialisée en « Studio Master » à se procurer  sur la plateforme de téléchargements légaux qui pratique des prix gastronomiques : Boquz.
 
Pourquoi un tel engouement ? Je me pose toujours la question après plusieurs écoutes de ce disque. Que l’on crie au génie me laisse froid.
 
Où se trouve la frontière entre la création, l’hommage (à Giorgio Moroder par lui-même dans le morceau 3), le plagiat, la redite ? Difficile à dire !

La présence de Guest Stars venus d’horizons divers (Nile Rodgers, Paul Williams, Pharrell Williams, Julian Casablancas entre autres) semble plus tenir du badge publicitaire style « vu à la TV »  que de la justification artistique.

Les rythmes sont simplistes, les paroles affligeantes (à moins que ce ne soit l’inverse), le recours excessif au Vocoder irritant jusqu’à ce que l’on ait droit à un chant non trituré électroniquement. Et là, on en vient à regretter le Vocoder !

Le single « Get Lucky » nous semble familier dès la première écoute, tellement on est en territoire connu.
Pour ne pas être totalement injuste, le titre « Contact » rattrape in-extremis l’ensemble, mais vraiment in-extremis puisque c’est le dernier morceau de l’album.

Vous m’objecterez que la production est d’enfer, le son hénaurme, les arrangements très travaillés. Mais cela suffit-il à faire un bon disque ? A mon sens, non. En effet, j’ai connu les années 70 et l’origine de ce qui a nourri musicalement le duo casqué. C’est peut-être ce qui fait la différence : j’ai tendance à préférer l’original à la copie, si bonne soit-elle.


J’entends d’ici l’invective : « Ziva, tête de mort ! Si tu kiffes pas Daft Punk, keske t’écoutes alors? »

 
Eh bien, mon coup de cœur du moment va à « The Occurrence of Slope » de Steve Jansen.

 
Ce n’est pas vraiment une nouveauté, puisque l’œuvre est de 2009. Mais la confidentialité de sa distribution fait que je n’ai pas eu l’occasion de l’acquérir plus tôt.

 
Petit frère surdoué de l’immense David Sylvian (et son complice dans le disparu Japan), Steve Jansen est batteur.

Cependant, ici, la sensibilité et la discrétion des lignes percussives donnent des fondations aux antipodes de ce que l’on entend habituellement sur un disque de batteur.
 
« The Occurrence of Slope » n’est pas de la musique à proprement parler, mais plutôt un patchwork d’ambiances sonores et musicales. On pense parfois à Robert Fripp, souvent à David Sylvian (fratrie oblige ?) mais l’opus possède sa propre identité, fine et élégante.
 
La beauté dépouillée des cordes, le piano lunaire, une pincée de grincements, quelques gouttes de trompette, les nappes synthétiques, parfois des bruits de la nature, le jeu des diverses percussions se mélangent et s’entrecroisent pour notre plus grand plaisir. Bref, une heure et demie de surprises et d’apaisement pour un long plaisir solitaire.

 
Nous sommes en présence d’un moment majeur de la musique d’ambiances, mais à mille lieues du coté péjoratif et ennuyeux habituellement accolé à ce qualificatif.
 
Steve Jansen serait-il un metteur en scène sonore plutôt qu’un simple musicien ? Ce disque, comme ses collaborations précédentes (avec Richard Barbieri notamment) le laisse aisément penser.

 
Chaudement recommandé.